lundi 22 avril 2013

Triangle UMR : Un Rendez vous de l'ARC 8. Lyon.


AVERTISSEMENT : Cet article est en cours de préparation , aussi, des erreurs, des fautes peuvent s'y être glissées,  de même que la structure du texte n'et pas encore complétement définie.





Rencontre ARC 8. Institut des Sciences de l'Homme. Lyon. 16 avril 2013. Autour de Marie Fare et Jérome Blanc (Triangle UMR).
Action, discours, pensée politique et économique. Lyon II, ENS, Sciences Po. 

Un pas de plus vers la construction d'une economie alternative, ces rencontre organisées à l'Université, à Lyon avec des chercheurs et des acteurs de terrain. Des acteurs très avertis. La frontière entre le chaercheur et ce dernier s'estompe, on prend du recul mais ensemble, de quoi moderniser les méthodes positivistes définies par Auguste Comte et toute la pédagogie de Dilthey autour des pratiques en sciences humaines.

Des acteurs (Grenoble, Annecy, Valence, Chambery, Ardèche du Sud (réseau Colibris). 

Eric Servel : Les Cigales constituent une expérimentation régionale sur trois ans. Il y a une prise de risque.
Pourquoi pas une épargne collective, idée d'une tontine associative.

La monnaie peut avoir deux rôle :
-Circulation. Lien, échange.
-Epargne. Réservoir à investissement, spéculation. 

La première ne génère que des externalités positives (à condition que toute l'économe soit marquée par le externalités positives). La seconde génère des externalités négatives et introduit de effets pervers sur toute l'économie. La monnaie réservoir à investissement n'est pas négative en soi, si l'on suit les théories néoclassiques puis monétaristes selon lesquelles l'épargne est une prévision en vue d'une consommation future (théorie du revenu permanent chez Friedman, qui s'oppose aux théorie keynésiennes, consommation instantanée sans prie en compte du passé et du futur sur lequel jouent nos politiques économiques. Le multiplicateur keynésien est donc source de dysfonctionnements grave de 'économie car il ne tient pas compte des anticipations à long terme, et ne constitue pas une oolithique économique et budgétaire valable. On peut cependant garder le principe du multiplicateur pro désigner le fait économique (production-échange) induit par les réseaux de nouvelles monnaie et aussi en ce qui concerne les effets du RIE).
Simplement, pour ne pas générer le effets pervers que l'on connaît et contribuer au dédoublement de l'économie (déconnection avec le réel et l'humain, vocation économique première, non tour de Babel), d'autres alternatives que le taux d'intérêt doivent être mise à jour (système forfaitaire).
Par ailleurs, il convient de développer d'autres formes d'investissement-épargne qui ont l'avantage d'augmenter la production/valeur (objective/subjective, c'est à dire hors-marché, principe de l'objet unique) (attention au terme augmentation de la production, pas de productivisme de substitution) de richesses réelles (oeuvre d'art, biens immobiliers, autres biens rares).



Il convient de séparer (afin d'éviter les confusions troublantes), ces deux sphères. Seule la disparition, à terme, du taux d'intérêt peut supprimer cette influence néfaste de la monnaie.
Il existe un espace juridique structurable selon Eric Servel.

Loi ------------modifier la loi----------------désobéissance civile légitime---------------société.


Des gradations : 
-Légal.
-Autorisé.
-Execution, exception à la loi.
-Illégal. Hors la loi.
-IIlégal. Contre la loi.

Dons : 
-Sous forme de ressources déclarées.
-D'aide financière (dons) (starter).
-Conventions d'engagement pour aide avec échéancier.
-Aides.

Comptoir intermédiaire. Autres MLC et trésor public. 
Notion de propriété de l'entreprise. De localisation. La coopérative propriétaire. Notions d'agréments de partenaire. 
Faire, essayer, expérimenter.

Création….Dieu impuissant.
Potentialités….Frustrations et limitations.
Enjeux….Une économie de crise ou une humanité en crise.

Confrontation aux lois, règles, échecs, ouverture à la notion de projet entreprenarial, être humain global.

IMP. Pyramide trois strates : de l'organisation sociale.

1.Economique et monétaire, 2.Lois, politique, 3.Ethique, visionnaire. (au sommet de la pyramide).
Il y a des compétences transversales et partenariales.
Compétences transversales : confiance, collectivité, trésor public.
Wir en Suisse. 


L'association "Vivre Autrement" de Chambery évoque la dimension "Education populaire" , et l'utilisation de jeu dans l'initiation à la monnaie complémentaire.


Il y a encore des confusions et des mauvaises compréhensions dans le vocabulaire avec par exemple l'utilisation par certains du terme "monnaie marchande" à la place de monnaie citoyenne, comme si une monnaie pouvait être autre chose que marchande. 

D'autres (Grenoble) évoquent l'idée de rapprochement avec les communautés locales pour donner une couleur à une politique économique et aux monnaies.

On propose une Tontine de temps. Le temps, est-ce échangeable. (voir problématique valeur travail).

Des chiffres par Philippe le Duigou : "Sur un Euro dépensé par les collectivités locales, 26 centimes restent sur le territoire".


Problématique des profits : entre profits donnés et profits reçus. Qui est ce qui bénéficie le plus de ce qui est positif dans ces échanges plus ou moins informels . Par PCS, niveau de revenu, genre, tranche d'âge.
Idée de nécessaire mixité sociale dans l'utilisation de ces réseaux. Cela remet en question également toutes les théories anciennes sur la notion de profit.

Voir aussi problématique des intérêts de la dette qui sortent du champ de l'économie réelle. Pour aller vers l'éco Pschitt.
(des pauvre vers les riches). Il manque les données françaises on a pas tous les chiffres. Voir graphique de Margrit Kennedy.

Pour le financement du projet, les monnaies doivent être réglées en fonction de l'échelle de ce que l'on veut faire.
Jérome Blanc : "Les structure de création de monnaie sont trop petites pour être ambitieuses dans la mise en place de projet. Faudra t'il comme c'st le cas pour les SEL, construire une fédération, s'agréer à une échelle supérieure ? (structure de type national). Pour des opérations en commun. (voir association selidaire pour le SEL). 
Attention au risque de formation d'une nouvelle superstructure (sans l'humain) avec hiérarchie et blocages institutionnels pour la prise d'initative, rapports de pouvoir et prise d'intérêts illégale (personnelle).

De la Mesure.
Biocoop. Seul prestataire qui tire un bénéfice réel des monnaies complémentaires. Les biocoop sont partout. Elles ont une fédération nationale.

vendredi 19 avril 2013

Listing des Réunions d'information. Monnaie Canut.

-Samedi 20 avril 2013. 15h00.  Le Moulin Joli. Place des Terreaux. Durée : une heure.
-Vendredi 10 mai  2013. 15h00.  Le Chanteclerc. Plateau de la Croix-Rousse, proximité hôtel de ville. 151 boulevard de la Croix-Rousse.

lundi 15 avril 2013

Compte-rendu de rencontres monnaies complémentaires du Tiocan. 4eme rencontre Eco Citoyenne du Tiocan





L’émergence des monnaies complémentaires en région Rhône Alpes
Partageons nos expériences – Relions nos intelligence

Vendredi 29 Mars 2013 – conférence
Projection « Sol Violette – L’éclosion d’une monnaie »
Discussion débat avec Frederic Bosqué

Samedi 30 Mars 2013
Présentation de divers projets Monnaies – Succès et difficultés

Dimanche 31 Mars 2013
Travail collectif – déployer notre intelligence – maximiser notre coopération 


Objectif :

Etat des lieux des monnaies en région Rhône Alpes et Genève
Partage d’expériences entre les différents projets
En savoir plus sur le Sol Violette de Toulouse
Développer des synergies et de la coopération
Déployer notre intelligence collective
Rassembler les acteurs du mouvement
Imaginer les différentes stratégies / approches
Définir le rôle /la place des autorités / communes / régions dans ces projets


Groupes monnaies et acteurs invités :

SOL Violette : Frederic Bosqué Community Forge- Genève
Les Valeureux – Paris APRES Ge
Ecoattitude – Genève Université du Nous - Chambéry
Région Rhône Alpes CRESS
Sol Alpin – Grenoble ECO Annemasse
La Mesure – Romans Le Canut – Lyon
Projet SOL -France La Luciole: Ardèche
Ecosol – Chambéry La Commune – Roanne 
La Bogue – Vals Aubenas La patate – St Étienne
Et ceux que nous oublions ou qui souhaitent venir…




Le WIR.
C'est d'abord l'occasion de rencontrer le WIR. La banque siège à Bâle avec un capital CHF de 17680000 Francs-Suisse, six succursales et 14 groupements WIR.
Le Wir est très actif sur le plan du réseau, quatre milliards de Francs/WIR circulent soit 1,5 milliards de franc Wir qui changent chaque année.

L'association est crée en 1934 par 16 commerçants ainsi que des associations d'entraide et d'échanges de marchandises en plein contexte de crise.
Les motifs sont inspirés des théories du libéralisme économique, il s'agit également de faire face à la pénurie d'argent liquide et aussi de disposer d'argent gratuit.
Un facteur de plus : il y a entraide entre participants du système WIR.
La banque WIR est une vraie banque, elle donne des crédits.
Le WIR est une monnaie virtuelle qui peut s'utiliser dans tout commerce affilié au WIR, le volume augmente par l'octroi de crédits. Ainsi, la banque dispose d'un compte en Francs-WIR et d'un compte en Francs-Suisses. Elle dispose d'un agrément en tant que banque et d'une autorisation de faire du crédit.

Le WIR est très répandu dans la construction et dans la restauration. Le système reste un système qui promotions le système marchand avant tout. Les avantages proposés aux prestataires afin de les inciter à adopter le WIR sont :
-La publicité.
-Un chiffre d'affaire supplémentaire.
-Un crédit à de taux intéressants.
-Les réseaux.
-La possibilité d'être coopérateur.
Il y a peu de critère éthique et environnementaux mais les gens du WIR organisent régulièrement de actions ponctuelles en faveur de ces facteurs là.
Sur le plan national (intersidéral) le contrôle est très rigoureux, de nouvelles règle obligent à recapitaliser. Les banques WIR sont soumises au contrôle bancaire. 
En Suisse, la société est très juridicisée avec des recours légaux à des spécialistes juridiques pour tous le domaines de la vie. C'est tout à fait contraire à la France où l'on exploite des vides juridiques
. Par la coutume et la jurisprudence, les citoyens font évoluer le droit.  Cela laide plus de place à l'imprévu et à la liberté d'action.


Donc, pour conclure, le WIR est un exemple du rôle que peut jouer une monnaie sur un système économique mais il ne peut être comparé de par son extension et la part qu'il prend dans l'économie nationale, ni dans la mesure où il s'aligne sur un modèle économique aujourd'hui dominant (le capitalisme), à nos monnaies complémentaires.


I. Présentation de quelques projets en cours.


L'ECO à Annemasse. 
On notera l'utilisation de la stratégie petit déjeuner pour inciter les gens à venir aux réunions ainsi que la pratique des bons d'achat ECO pour le salon des entrepreneurs.
Les premiers ECO seront en circulation lors du Congrès des autoentrepreneurs.
La stratégie tient également  à la participation du groupement d'achat Bio de Cyril Grandot (grossistes et producteurs locaux)).
Au total, l'ECO à Annemasse totalise plus de 7000 Ecos et quatre bureaux de change.
On peut parler ici d'une cellule verte avec un réseau de bio-consommateurs (le consommateur suit ce qui existe et ce qui est le plus promotionné).
Les objectifs de l'ECO sont :
-Favoriser les producteurs locaux.
-Créer des emplois.
-Promouvoir des initiatives écologiques.




Le Passeport citoyen de Grenoble.

Lors du "Mois du développement durable et solidaire", les créateurs du passeport citoyen de Grenoble ont d'abord proposé aux passants  des questionnaire sur le Bien-Etre.
Le passeport a d'abord pour point de centralisé une secteur qui pose problème dans le quartier .
La valeur approximative du passeport est la suivante : 200 Euros. Pour disposer pleinement de réductions ou prestations gratuites qu'offre le passeport, il suffit d'aller à la déchetterie pour y déposer de déchets encombrants. On obtient en échange un coup de tampon sur la prestation de son choix.
Les objectifs du passeport citoyen sont :
-Valoriser les partenaire.
-Initier aux pratique de la valorisation des biens et services éjectés ?????sous forme d'écocadeaux, de bons culturels.
-Humaniser la déchetterie.
-Valoriser les habitants à la pratique des encombrants.
-Tisser des liens d'échange avec les populations Roms.
On notera dans ce contexte, la mise en valeur de principes de convivialité et d'entente ainsi que l'importance du bouche à oreille.
Enfin, on notera l'exigence d'expériences similaires au Brésil, au Kenya, en Hollande, en Belgique.
Le projet qui est effectivement réalisé avec succès dans un quartier de Grenoble est un modèle du genre. Il part d'une problématique qui touche la vie des habitants du quartier : la présence d'encombrants et le résoud de manière très intelligente en créant une forme de nouvelle monnaie (les bons gratuits en échange d'un effort pour utiliser la déchetterie. Les effets positifs (externalité positives) sur la vie économique et sociale s'en ressentent. Plus précisément on pourra parler ici d'une amélioration de la qualité de vie et du bien-être des individus qui opère une reconnection entre économie réelle et économie proprement marchande. Un exemple typique de tentative de réencastrement, une mesure qui a plusieurs répercussions positives dans différents domaines entre lesquels elle opère un lien de dépendance positif.



L'Accorderie de Chambery.

Les Accorderies, venues du Quebec sont des formes de SEL fondés uniquement sur l'échange de service.  Elles partent du principe suivant : " la valeur de la monnaie se trouve ailleurs que dans la marchandise, elle se trouve aussi dans le service".

Nous nous sommes déjà rendus sur le terrain à Chambery, et la description de cette activité fera l'objet d'un développement ultérieur.



II. Les SEL.
On note une explosion des SEL en France.L'adaptation des SEL à l'économie des territoires se fait plus ou moins bien selon l'implication des membres coordinateurs des SEL et leur capacité à adapter ces derniers aux pratiques locales (publicité, communication, lien avec les réseaux associatifs, intersel, liens avec les autres pratiques collectives de réappropriation de la chose économique par les citoyens). Le tout correspond bien à une logique de réencastrement de l'économie par les citoyens selon les mécanismes que développe la  théorie de Karl Polanyi. Il s'agit plus ou moins d'un "retour" aux pratiques économiques que l'on a pu mettre à jour dans l'Antiquité.

Les connections se font nombreuses. 
Ainsi Philippe Le Duigou (0628357471, philippe.leduigou@gmail.com) par ailleurs à l'origine d' prochain projet de monnaie complémentaire à Valence est président du Val en Sel après avoir quitté l'autre SEL valentinois le Vivensel. Ce dernier a développé un logiciel permettant de gérer les SEL (sel i web.org) plus de 2030 personnes à ce jour en sont équipée sur le territoire français dont des structure importantes (CHEL de Dijon, CCAS de Cherbourg). "On assiste à une explosion des créations de SEL " explique Philippe le Duigou.


Dans le cadre du SEL, se développe une notion de monnaie crée par l'échange. Mais ce n'est pas véritablement une monnaie, appelons la plutôt une unité de mesure qui sert à comptabiliser les débits et les crédits de chacun.
 Deux cas de figure se présentent.
-Un système d'équilibre entre crédit et de débit respecté.

-Le puits sans fond. On prend délibérément le parti de ne pas donner de limites aux crédits et aux débits, l'équilibre n'est pas respecté même si la création de richesse (valeur ajoutée uniquement positive)  qui a été réalisée ici apparait dans la comptabilité (un coté positif en crédit, un côté négatif en débit). Cela permet, en vérifiant le compte de l'association SEL, de comptabiliser la valeur ajoutée crée par leur intermédiaire, sur le territoire concerné. Voilà une bonne réponse à la recherche que nous effectuons chez Respublica sur les moyens de comptabiliser la valeur ajoutée associative et citoyenne, territoire par territoire. Chose presque impossible jusqu'ici si l'on tient compte de l'importance du bénévolat mais aussi de peu d'adéquation prix tarifés/valeur ajoutée des biens et services réelle crée pratiqué par les associations. Enfin, une manière concrète de comptabiliser cette dernière. De quoi prouver que la croissance nationale a bel et bien augmenté en quantitatif avec une amélioration réelle de la qualité à tous les niveaux (y compris par rapport à l'exigence de respect de la libre concurrence).
Deuxième remarque, cette augmentation réelle du PIB en valeur ne peut qu'être davantage constatée au fil du temps avec le interconnections qui se pratiquent aujourd'hui : 
-Celles concernant le lien SEL-autres associations.
                                     -Celles concernant le lien SEL-Entreprises. Encore faut-il relativiser ce dernier en tenant compte de la législation sur le travail au noir.
Tout laisse à supposer en tous cas que l'avenir est à davantage d'interconnections et à une extension des pratiques de recensement et de comptabilisation de la valeur ajoutée crée par le secteur de économies alternative.

-La logique de réencastrement est bien là, nos politiques devront en tenir compte.

-C'est le moment de parler d'une autre logique, celle de l'économie de l'abondance. Cette dernière est particulièrement visible à travers la notion de puits sans fond utilisée dans le cadre de  certains SEL. Une façon de créer de nouvelles richesses comptabilisées qui existent réellement et produisent des externalités (forcément positives si l'on suit la logique alternative) qui ont de répercussions sur la collectivité même si elles ne sont pas partie intégrante de circuits économiques classiques référencés comme tels et comptabilisés dans le PIB.
Cette logique dite de "puits sans fond" ou "corne d'abondance" permet d'alimenter le compte productions de richesses du SEL tout en permettant à ce dernier de se livrer à es opérations à titre gratuit pour le compte d'autre associations notamment dans le secteur de l'humanitaire. Cela va être le cas par exemple du Secours Catholique avec un des SEL du territoire français. Ainsi, le Secours Catholique peut être débiteur d'un SEL. Cela ne l'oblige pas à rembourser sa dette mais cela permet de tenir une comptabilité sur la valeur ajoutée réelle (et positive) crée par l'action gratuite dans les comptes du SEL. C'est une façon de valoriser les actes économiques (comptabilisés ici en TEMPS) du bénévolat. C'est aussi une façon détournée, sans ruiner les associations de rémunérer le bénévolat. En effet, les producteurs de cette valeur ajoutée crée pour le compte du Secours Catholique disposent de nouvelles unités de mesure propres au SEL à leur crédit dont ils pourront disposer librement en échange de nouveaux biens ou services mis à leur disposition dans le cadre du SEL.

On voit bien ici à quel point les interconnections dans le milieu des pratiques solidaires, sociales, alternative peut à la fois augmenter le niveau des richesses crées tout en jouant un rôle positif, périphérique sur le marché du travail (il y a bien ici, de fait travail contre salaire), sans ruiner les associations.

Le SEL et associations ont tout prévu. Ainsi, dans le cadre d'un SEL qui est régi par la loi des débits-crédits à équilibrer, la rupture d'un agent avec le contrat tacite (régler ses débits) que l'on pourrait comparer au passager clandestin chez Mancur Olson est nommée une défaillance. Ici se joue la problématique de la morale, le manque à gagner est assuré par la collectivité.
Le cas ne se présente pas dans le cadre d'un Sel soumis aux règles du Puits sans Fond. Ici, la collectivité représentée par les membre du SEL prend délibérément le parti de prendre en charge le déficits. Les obligations de chacun étant par là moins restrictives, sans que l'on ait à regretter le manque de valeur-ajoutée réelle crée.
Avec une monnaie comme le WIR, la défaillance est supportée par l'EURO (Dans un cadre d'un marché B to B), c'est la mutualisation des risques.
Cela est vrai également pour l'échange interentreprises. 
Ici se pose la difficulté de gérer de richesses qui sont sous une forme abondante.
Ici se profile aussi la notion d'exponentialités, à caractère abondant , les richesses et leur création s'exponentialise. C'est le principe de l'économie de l'abondance. Elle remet à plat la notion de Valeur et fait poindre la nécessité de nouvelles théories et recherches sur la notion de Valeur. 
Cependant, dans un tel contexte, le monde marchand reste l'élément moteur, la référence sans laquelle l'économie de l'abondance ne saurait prendre son envol.





II. La législation.
L'intérêt de ces rencontres du Tiocan, c'est aussi l'effort réalisé par de nombreux participants dans la mise en relation de tous les initiatives que couvrent le territoire français avec la question de la loi et du droit.
Pour certains, les vides juridiques laissent abondamment la place à toute les initiatives. Citons l'un des participants : " il s'agit de tourner la législation ou d'imposer notre expérience en tant qu'exception". 
On se référera principalement au code monétaire et financier.
Ainsi on ne rappellera plus l'unique procès mené contre un SEL à ce jour : ce dernier concernait le SEL de l'Ariège accusé de travail au noir par la fédération des artisans de l'Ariège. On peut penser que le SEL en question concurrençait de manière gênante certaines petites entreprises du secteur.
La Justice sera favorable au SEL : pas de lien de subordination, ni écrite (contrat de travail), ni orale (tacite). Il suffit en effet que en présence d'une tierce personne, un individu se voit félicité pour une tâche accomplie ou fasse l'objet de recommandations même orales à propos d'une tâche à accomplir pour que, témoignage aidant, le tribunal juge qu'il y a bien eu travail au noir. 
Une des principale recommandations donnée aux SEL : faire toujours en sorte que les individus mènent dans ce cadre des activités qui n'ont rien à voir avec leur spécialité professionnelle rémunérée.


On notera l'existence de l'association Sharelex : une association spécialisée dans l'accessibilité de chacun au droit.

Il convient également de se référer au code pénal. Ce dernier interdit la mise en circulation de moyens de paiement autres que nationaux et officiels (ainsi doit on bien préciser qu'il s'agit juste d'un moyen d'échange alternatif). Par ailleurs ce mode de paiement doit se limiter aux adhérents à la Charte. C'et ce qui doit être bien précisé dans tout courrier officiel annonçant la mise en place d'une monnaie complémentaire. 

Enfin, certains institutionnels sont sensible à l'effet vertueux pratiqué sur l'économie par les monnaie complémentaire c'est le cas de Jean Marc Ayrault pour la monnaie Nantaise. Tandis que l'on évoque déjà la possibilité de payer ses impôts locaux en monnaie complémentaire.
Les billets ne doivent pas non plus trop ressembler à de vrais billets officiels en circulation. Enfin, en dehors des autres précautions d'usage (comme le marquage des billets), il faut bien avertir chaque adhérent que tout payeur par monnaie complémentaire doit être muni de sa carte d'adhésion.
De même que l'association doit veiller à ce que la contrepartie en Euros soit stockée sur un compte en banque. 



III. Les connections.
-Connecter une monnaie de type SOL avec une unité de temps.
Ainsi, l'Ithaca-Or est un exemple de connection d'une monnaie temps avec la sphère marchande.
-Connecter différentes monnaies entre elles. Il nous semble ici que le modèle le plus intéressant est celui consistant à laisser exister une monnaie locale forte de type SOL sur un territoire élargi (exemple : une communauté de commune ou une communautés d'agglomération, parfois un département avec plusieurs monnaie de type citoyen, patrimonial, de petit territoire).


IV. Les différentes initiatives sur le territoire. Résumé de l'un de ateliers du Tiocan. (Dimanche après-midi).

Nous avons tenté moyennant l'utilisation d'un tableau de défricher quelque peu le terrain de nouvelles pratiques d'échange économique alternatives . Un exercice difficile. Aussi avons nous distingué plusieurs typologies.


A. Typologie n.1. Types d'échange/moyens d'échange/Biens et services échangés.

a. Les types d'échange.
-Le SOL numérique ou le SOL.
-Les RERS 
-Le RESA . Réseaux d'échange et de savoirs.
-Le SEL. La monnaie du SEL et une unité de mesure. Appelons la ainsi afin de ne pas confondre avec les monnaie complémentaire. 
-L'Accorderie.
-L'ITAKA.
-Le TIOK.
-L'Ecopesa.
Il nous reste à définir et à déterminer le rôle et la place de chacune de ces mesures alternatives d'échange , c'est ce que nous nous proposons de faire dans ces page du blog projet Canut très prochainement.


b.Instrument d'échange.

-Le Temps.
-La monnaie.
-L'échange (troc).
-L'unité de mesure (SEL).

c.Les Bien et service échangés.
-Biens.
-Services.
-Savoirs.
-Prêts de biens ou de service.
-Biens communs.
-Location.




B.Typologie n.2.Les différentes monnaies citoyennes.

-Type WIR. Il s'agit d'un instrument monétaire qui s'applique aux modes d'échanges du type B to B.
-Type SOL. C'et un monnaie nantie. L'euro est là pour la nantir. Ce sont des monnaies dites de territoire élargi. Elle servent à initier les individus à la pratique des monnaie complémentaires, permettent (peut être ) de réorienter les comportements de consommation. Sont des monnaies de type semi-ascendante ou parfois descendantes. Elles ne doivent pas empêcher qu'en complémentarité, on crée des monnaie de petit territoire à l'intérieur même du territoire élargi que touche la monnaie de type SOL. On notera ainsi le SOL violette de Toulouse (avec l'existence de la carte SOL, un instrument de paiement qui permet d'accéder à des tarifs préférentiels, promotion, accès à des prestations délivrées par les services publics dans le cadre de l'agglomération ou de la Région).
-Les monnaies de type territoire et patrimoine. Elles sont principalement ascendantes et dans une logique de "réencastrement" total puisqu'elles ont pour point de départ la promotion du patrimoine économique (économie locale) et historique du territoire concerné. Les territoires en question ne suivent pas une logique institutionnelle mais une logique historique (le territoire tel qu'il a été vécu et a évolué au fil des siècles). C'est en quelque sorte comme nous le disions à propos des pratiques datant de l'Antiquité que décrit Karl Polanyi un retour aux économies d'autrefois, avant l'unification monétaire, la construction d'un Etat unitaire, et le grand marché. Chose incessante : nous pouvons nous permettre à notre époque de concilier les avantages des uns avec les autres.
Elles sont nombreuses à exister sur le marché : l'Abeille, la Bogue, la Mesure, le Canut.

Il y a aussi une autre classification possible. Monnaie de l'abondance, monnaies citoyennes, monnaie incitatives, les monnaies désobéissantes (exemple microcrédit nef réalisé pour des projets de territoire avec les réserves en Euro d'une monnaie locale. 






C.Typologie n.3. Les types d'échange.
-B2C. Business to customers.
-B2B. Business to business.
-C2C. Customers to customers.


D.Typologie n.4.
Les richesses.

-Le richesses abondantes. Renouvellables.
-Idées.
-Créativité.
-Travail.
-Energies renouvellables (SEL et Time Bank, "Manger pour l'Avenir".


-Le richesses finie, rares, consommables.
-Minerais.
-Energies Fossiles.
-Autre matière première.
Biens durables.
-Bien semi-durables. 
-Biens non durables.






Ce que l'on peut retenir de ces rencontre c'est que le cas des monnaies complémentaires n'est pas le seul, il se développe aujourd'hui sur tout le territoire français de pratiques diverses d'échange gratuit, ou non, qui peuvent jouer sur le plan local un rôle de multiplicateur keynésien.
Dans certains domaines (c'est le cas des SEL mais aussi des accorderies), c'est le système de puits sans fond qui joue avec une possibilité de création sans frein.
Les commentaires de l'un des participants sont clairs : "il faut faire le lien entre les intentions locales et globales". 
On notera également l'importance que prend le réseau et la nécessité de réaliser aujourd'hui une synthèse et des typologies accessible à tous, de toutes les pratiques nouvelles référencées.
Il s'agit aussi de trouver de niveaux moyens de valoriser le travail effectué lors de séminaires et des rencontres (blogs, compte-rendus) afin que ce travail là, appartenant aux citoyens ne fasse pas l'objet de "réappropriations" par des groupes tiers. C'est à nous, selon les modalités de la recherche-action de valoriser ce travail, de faire les synthèses, de tirer nos conclusions.

Les liens entre pratiques sociales et solidaire sur le plan alternatif peuvent être nombreux. On notera ainsi l'idée d'une intégration de monnaies complémentaires au SEL une forme de quadrature du cercle selon certains participants. A venir.
La nécessité se pose de se revoir entre participants afin d'éclaircir et compléter les classifications que nous avons opérées.


Enfin, une autre idée évoquée quelque peu lors de ces rencontre et celle du revenu de base (ou revenu d'existence), une mesure de type macroéconomique qui pourrait mettre fin à l'Etat de guerre permanent qui se joue souvent au niveau individuel. Couplée à l'extension des autres moyens d'échange locaux elle peut-être un élément moteur pour la réappropriation de la sphère économique par tous les citoyens. De manière d'autant plus marquée si, comme le préconisent certains, une partie du revenu de base (ou inconditionnel d'existence) se voit versée en monnaie complémentaire locale soumise à une charte éthique. Pour cela il faudra néanmoins attendre que des temps d'adaptation soient respectés pour la mise en place de monnaies complémentaires pour tous d'une part pour la mise en place et l'adaptation de nos structures de redistribution en matière de RIE d'autre part. Cependant, il va sans dire que c'est un gros de pouce qui peut être donné à la fois à la modification de nos modes de consommation, à celle du secteur productif (avec des monopoles ou oligopole moins importants en nombre), à la mise en place de nouvelles monnaies complémentaires.
Pour que, en matière de modification de notre système économique nous allions dans le sens de la petite entreprise, de l'adaptation aux normes environnementales, il faut néanmoins que ces monnaies complémentaires soient éthiques pour de vrai, qu'elles excluent certains prestataires de leur circuits et réseaux, même si ces derniers disposent de beaucoup de moyens d'incitation. Et puis ce mesures ne peuvent être que nationales.

Ainsi peut-on espérer faire évoluer ces modifications aux autres niveaux économiques selon le principe des vases communicants, pays par pays avec au niveau de chaque pays.
-Niveau microéconomique :  
L'individu, les entreprises et les associations. Les personnes juridiques et morales.


-Niveau mésoéconomique :  
Le territoire économique local.


-Niveau macroéconomique national.
 Entreprises, ménages, banques, Etat.


-Le niveau macroéconomique interrégional. 
Exemple : Union Européenne, Union méditerranéenne.


-Le niveau macroéconomique international.



Bien entendu, on ne peut faire bien fonctionner le dernier niveau que si tous les niveaux inférieurs fonctionnent bien, sans entraves, à commencer par le premier. D'où l'importance que revêt le niveau mésoeconomique celui de territoires petits ou plus grands, des monnaies complémentaire et des réseaux d'échanges alternatifs.


Ainsi, la reconstruction d'une économie européenne fondée sur de bases saines, solide nécessite t'elle peut être un retour provisoire aux économies nationales, notamment en matière de création monétaire. Avec un respect des garde-fous éthiques, non propres à la domination et à l'échange inégal.


Enfin il nous semble que dans le cadre d'une coordination de nos politiques économique et d'objectifs macroéconomiques menés à long terme, la nécessité de ne donner le monopole de la création monétaire qu'à une seule banque entrave nécessite l'adoption d'une fonte au moins équivalente à celle du taux d'épargne pratiqué par le banque sur les particuliers.




V. Quelques adresses de chercheurs-acteurs sur les monnaies complémentaires, des pistes de réflexion.



Quelques auteurs ou livres à lire : Philippe Van Parijs, Marc de Basquiat, Yolande Bresson, Margrit Kennedy "Le poisons des intérêts). Voir aussi les publications du cercle des économistes citoyens dont fait partie André Jacques Holbeck.


Quelques adresses de chercheurs-acteurs sur les monnaies complémentaires : florent.aceto@gmail.com; olivier.truche@gmail.com (Grenoble), nicolasbriet@yahoo.com; fredericaf@yahoo.com (Genève) 's'occupe du Tioc au Tiocan et s'intéresse à la monnaie de Genève.
mar-al-lipka@laposte.net, jeanneaum@gmail-com, simon.louver-zen@gmail.com, pierre.falk@live.fr
erwan.lecoeur@gmail.com, phvacheyron@gmail.com (les interconnectés avec l'association des maires de France). , le réseau capucine), amarumbape@yahoo.fr, stephaneamour@gmail.com.

lundi 25 mars 2013

Compte rendu du colloque monnaies complémentaires à Beaumont d'Auvergne du 23 mars 2013.








Par Noura Mebtouche, économiste.

Nous venons y présenter le Projet Canut et évoquer les logiques de territoire que nous avons choisi de mettre en valeur.

C'est d'abord une occasion de découvrir l'Auvergne et ce qui s'y fait en matière d'économie sociale et solidaire.
Dans le groupe de travail auquel nous participons, portant sur le territoire, beaucoup font partie du SEL d' Issoire. 
Des échanges non marchands en biens et services qui améliorent la qualité de vie. Ainsi, le gratuit et la question de l'échange de temps, considéré comme une monnaie comme une autre y sont-ils plébiscités.
La principale difficulté réside dans la configuration démographique et géographique du territoire. Les villes et villages sont disséminés. Le problème se pose notamment lorsqu'il est question de créer une monnaie complémentaire.
 En effet, parti d'une commune centrale, le projet de monnaie s'est vite étendu aux villages environnant, afin que la boucle : consommateur-prestataire-fournisseur 1-fournisseur 2-fournisseur 3- consommateur puisse se faire. C'est ce que l'on appelle "recentrer les circuits économiques".
Dans ce cadre, la monnaie complémentaire prend toute sa dimension.
 Elle consiste à créer un circuit en dehors du circuit classique dominé par l'Euro. 
C'est aussi un moyen de créer du lien social, et des relations humaines dans un bassin minier sinistré, en perte d'emplois. 
Ce n'est pas l'avis de tout le monde cependant. D'après une intervenante, il y a un espoir certain de mondialisation culturelle passant par l'Auvergne. 
En effet, originaire de Thiers, cette dernière souligne le rôle important que joue la ville dans le dynamisme du territoire. Thiers est une ville monde, tout passe par elle, c'est une commune précurseur, avec une forte industrie au Moyen-âge, le tout premier tribunal de commerce et une communauté ouverte et cosmopolite avec des turcs, des maghrébins , des portugais, ainsi que les premiers habitants de la région.
Donc, il y a dans cette région du centre de la France un potentiel positif important en matière d'ouverture, de promotion au niveau du monde, de lien avec l'extérieur.
Enfin, on soulignera l'importance qui est donnée sur une territoire que l'on peut définir en fonction de l'existence du département : le Puy de Dôme, qui a une identité forte, de nombreuses associations visant à faire un lien entre rural et urbain. 
C'est au sein de ce cadre associatif, que se développent les associations du type SEL ou monnaies complémentaires bien comprises dans le département comme faisant partie d'un processus global vient à améliorer la qualité de vie, ainsi que les objectifs de mixité sociale et de lien social ainsi que de promotion  du Pays.
On remarquera que en Auvergne, les identités correspondent très bien, bien que non complètement parallèles (d'autres identités plus transversales se recoupent) par rapport au département, ce qui n'est pas le cas sur tout le territoire français.
 Ainsi des discussions autour du nom de la future monnaie. 
C'est le chou qui l'emporte ce jour là (d'autres séance de vote sont prévues), trois autres dénominations ressortent du lot.
 Le Bougnat : très peu de gens ont voté pour cette appellation. 
Pourtant comme l'ont souligné certains, celui ci est représentatif d'un phénomène qui a marqué la culture du pays. Le départ, dans les années d'après-guerre, de nombreux Auvergnats à Paris. Comme le dit une participante (ancienne) très émue : "Ils sont partis gagner de l'argent dans la capitale alors que chez nous nous avions faim". En effet, beaucoup d'établissements de restauration parisiens sont tenus par des auvergnats qui ont ainsi exporté leur culture. Certains font remarquer que cette culture là n'est pas propre à toute l'Auvergne mais seulement à deux départements : le Cantal et le Puy de Dôme.
Toujours est-il que les suffrages vont peu à cette appellation ce qui peut être paradoxal car représentatif d'un phénomène et d'une dénomination (le Bougnat) très caractéristique du territoire même si un peu imagerie d'Epinal. 
On pourrait expliquer cette relative désaffection par une volonté d'oublier un passé difficile, de rebondir sur quelque chose de plus glorieux, plus moderne.Il en découle naturellement l'appellation suivante :
Le Volcasol. Cette dénomination correspond, dans la lignée du projet Vulcania à une volonté de moderniser la région, de mettre en valeur une donnée géologique appuyée par la mise en valeur scientifique. Par Volcasol, les habitants semblent pointer du doigt une spécificité de leur pays qui leur constitue un apport conséquent en richesse économique : la venue de nombreux touristes. Ainsi, les volcans apportent le soleil, la proscrite, le bonheur, l'échange.
Le Dôme. On ne reviendra pas sur la fierté des auvergnats quant à la mise en valeur du relief géologique de leur territoire notamment par l'existence du fameux Puy de Dôme. Tout comme on monte au sommet du Fuji Yama à pied pour être japonais, il convient d'escalader le Puy de Dôme pour être véritablement auvergnat.
 Encore une fois, ce dernier est bien représentatif du département du Puy de Dôme auxquels beaucoup se réfèrent, d'autres préférant la région Auvergne comme point de ralliement de mise en valeur patrimoniale.
Le Chou. Une dénomination qui a fait l'essentiel des suffrages. Image d'Epinal lui aussi, le chou est le légume avec lequel on fait la potée auvergnate, aliment représentatif de la région Auvergne, celui d' où naissent les bébés de sexe masculin, il y a aussi cette légendaire expression "un chou est un chou" qui fonde la réputation, fondée ou pas , de l'auvergnat avaricieux.
Toujours est il que cette appellation là fait mouche parmi les personnes présentes ce samedi 23 mars 2013, peut être parce qu'elle est la plus neutre finalement.


Ce que nous avons retenu de cette journée dans le cadre de la mise en place du Canut.

-Les logiques de territoire sont complémentaires, elles ne s'affrontent pas. 
Ainsi nous avons défendu notre conception d'une monnaie de petit territoire. Les Pentes de la Croix Rousse marquées par un patrimoine fort avec par exemple la Révolte des Canuts mais aussi un savoir faire et des spécialités (textile, ver à soie) qui lui sont propres. Cela nous amène jusqu'en Chine, où l'on découvre la soie.
Après avoir discuté des projets Sol (le sol violette de Toulouse étant ici encore bien mis en valeur), des craintes qu'il est légitime de développer quant à la perpétuation d'un système descendant dans le cadre des ces projets très bien financés par les Régions ou l'Etat, nous nous sommes rendus compte cependant que sur un territoire élargi, les projets monnaies complémentaires ont un rôle positif quant à la construction de notre économie moderne lorsqu'ils sont portés par de collectifs de citoyens uniquement et donc ascendant. 
Ainsi, de la Roue, en Provence, dont un représentant était présent qui a lancé ses premiers billets avec moins de 300 Euros. Comme le dit son interlocuteur , la Roue est la monnaie "qui tourne, qui roule, qui n'amasse pas mousse". 
Par ailleurs, il va de soi qu'en Auvergne où la principale préoccupation est de faire du développement local en milieu rural et de favoriser les liens villes campagnes, le territoire sur lequel se pratique une monnaie locale ne peut qu'être étendu.
Reste à définir, dans ce cadre, en excluant pour notre part, les projets de monnaie complémentaire descendants, à définir une typologie des types de monnaie en fonction de leurs logiques et de l'extension de leur territoire.
Ainsi , la monnaie Canut s'inscrirait dans un processus global qui touche la ville de Lyon et sa périphérie ou une partie de cette dernière coexistant avec d'autres types de monnaie plus proches des "petits territoire" ne suivant pas leurs découpages institutionnels mais leur histoire et leur patrimoine. C'est aussi un peu ce qui se passe à Montreuil.
Celle-ci, première du genre à Lyon, a pour objectif principal non pas de développer un circuit en dehors de celui qui est propre à l'Euro puisqu'elle ne peut pas faire bénéficier aux fournisseurs qui sont éloignés de la possibilité de régler eux aussi leurs achats en Canut, sauf pour quelques exceptions. 
Elle contribue néanmoins, et c'est sa vocation première à créer du lien social dans un quartier à forte identité, et constitue le point d'attache et de synthèse d'un projet visant à mettre en valeur l'échange économique local mais aussi les pratiques sociales et les expérimentations solidaires d'un quartier et peut être un jour, les modes de production (après tout ne sommes nous pas à l'endroit où est née la première coopérative ouvrière).

La question du stock de monnaie européenne (en Euros) crée par l'achat de devises locales à l'association porteuse du projet se pose. la question du réinvestissement du capital de monnaie non locale pour des projets locaux est une question cruciale qui se pose sur le territoire.

La question de la création monétaire est importante aussi. Pour nous, toute forme de création monétaire autre que européenne aujourd'hui, nationale, si nous revenons un jour à une monnaie nationale (qui nous le souhaitons ne serait pas le franc) n'est pas acceptable, même à toute petite échelle car elle remet en cause le pouvoir de la banque centrale qui seule, devrait être habilitée en tant qu'institution à créer de la monnaie sur un territoire qu'il soit européen ou national. Cette question se pose déjà dans le contexte actuel où on accuse les banques privées d'être créatrices de monnaie, le pouvoir d'émettre de la monnaie de faire fonctionner la planche à billet n'est plus institutionnel. 
C'est dangereux. C'est ce qui explique la dichotomie entre sphère monétaire et économie réelle. 
Il serait dommage que par le biais d'une tentative désespérée de reprendre en main leur économie les citoyens soient à l'origine du même type de dichotomie.
L'enjeu finalement de toute politique monétaire doit bien être de faire correspondre la valeur de la monnaie et son émission à la quantité mais aussi (en nouvelle économie) à la qualité des biens et services produits et présentés sur le marché. Nous en sommes à ce point là de l'élocution du fonctionnement de notre économie. La réponse est : seul l'Etat peut jouer ce rôle.
Ce qui n'empêche pas par ailleurs que se développent des monnaies locales un peu partout qui correspondent à des logiques de territoire, différents les uns des autres à condition qu'elles se content d'être des instruments d'échange.
 Or. Il y a création monétaire à partir du moment où, les associations porteuses stockent leurs Euros sur des comptes rémunérés. seule solution qui doit pour éviter l'écueil déjà cité : réinvestir effectivement sur le territoire ou stocker chez des organismes financiers qui ne rémunèrent pas la monnaie, comme la NEF qui n'a pas un statut bancaire. (Certains parlent aussi du Crédit municipal ou encore évoquent la création d'une banque coopérative comme en Allemagne).
Enfin, malgré les tensions que cela peut procurer, on peut évoquer la solution consistant à obliger la monnaie à être fondante, à des taux proches du taux rénumérateur des banques ou encore peut-on compter sur l'émergence d'une législation qui serait propre aux monnaies complémentaires obligeant ces dernières, quoiqu'il en soit, à fondre à la même vitesse que l'Euro (ou tout autre monnaie émise et réglementée par une Banque centrale). 
Ce qui serait dommage, car préjudiciable au caractère proprement citoyen, situé en dehors de la réglementation étatique des initiatives ascendantes en économie locale. C'est néanmoins la solution ultime en cas de dérapage pour un bon équilibre macro-économique.
Enfin avons nous pointé notre avis à propos des solutions préconisées par PH Derruder dans "pour une nouvelle monnaie complémentaire" aux éditions Yves Michel avec notre idée de revenir effectivement de manière provisoire à une monnaie nationale, afin que la nouvelle Europe avec sa monnaie à elle se fasse avec les citoyens mais sans que l'on encourage la coexistence de deux systèmes différents, ce qui est l'idée de PH Derruder et de André-Jacques Holbeck : un système national correspondant à des échanges fondés sur de critères éthiques spécifiques propres à la nouvelle économie et un autre propre à l'ancien système gouverné par l'Euro. C'est bien l'abandon provisoire de l'Euro que nous préconisons.
Par ailleurs, dans le cadre de nos travaux, chez Respublica, en droit constitutionnel et notamment sur la construction d'une Europe des Peuples, citoyenne et historique, avons nous commencé à entrevoir l'idée possible de monnaies de pays qui viendraient recouper dans une logique transversale les monnaies complémentaires locale, de territoires de toutes tailles crées dans le cadre national. On le sait , les projets monnaies complémentaires drainent derrière eux un ensemble de pratiques expérimentales , d'échanges en temps, en savoir, en biens et services, sociales, culturelles, patrimoniales, économiques. 
Ainsi, grâce à des initiatives interfrontalières, viendrait commencer à se greffer un réseau de plus en plus conséquent au sein de territoire porteurs de la même culture n'ayant pas la même nationalité. Bien mieux que le projet de décentralisation qui touche aujourd'hui l'Alsace, de quoi bien ferrer le poisson au lieu de mettre en place des mesures superficielles et rapides. Le hic, quant on pense que l'Union européenne d'aujourd'hui s'est construite principalement sur des critères économiques. L'Europe des peuples se fonderait dès lors, sans se presser, très lentement elle aussi, sur des facteurs socio-économiques, une bonne nouvelle si l'on considère que cette économie là se fonde sur des initiatives citoyennes donc ascendantes.
Enfin, nous n'avons pas manqué de noter l'existences d'autres pratiques similaires, toutes originales comme notre projet Canut, en dehors du territoire français : les Accorderies du Quebec, le Time Dollar (Réseau Time Banks, Madison, Wisconsin, USA par Stéphanie Rearick, , le CETA (convergences et alternatives) à Roanne, (ceta@laposte.net) et d'autres initiatives un peu partout dans le monde notamment au Japon. On ne manquera pas de souligner la quasi absence de ce type d'initiative sur le continent africain, question qui sera certainement ouverte davantage lors du Forum Social Mondial qui se tient ce début avril 2013 à Tunis.

lundi 18 mars 2013

Bilan de la réunion d'information au Kotopo, 14 rue Leynaud, ce samedi 16 mars 2013.




Compte-rendu réunion du 16 mars au Kotopo.

Présents : 10 personnes.


Charte, éthique, sélection des produits, inventaires.
Remarque de Bernard Bruyat (Bogue). Le enjeux peuvent différer selon le caractéristiques du territoire. Ainsi, sur le territoire de la Bogue, à Vals les Bains, population âgée souvent retraitée, petite ville balnéaire de province dans une région à faible démographie très orientée vers le tourisme d'été, la seule épicerie de proximité est le petit casino du coin. 
Dans ce cadre, se pose le problème éthique lié à l'appartenance de ce lieu de vente à un réseau. Ce réseau fait partie de nos grands conglomérats liés à l'agroalimentaire, de type oligopolistique.
Or, pour beaucoup de personnes âgées c'est le seul endroit où on peut faire ses courses.
Le Casino fait donc partie des adhérents de la Bogue.

En ce qui concerne le Canut, notre territoire est particulièrement propice aux nouvelles expérimentations. Au risque de passer pour des puristes, ma proposition et d'être très sélectifs en ce qui concerne les biens et services acceptés dans le cadre de la charte Canut.
Par exemple, on peut se permettre d'en exclure certaines petite épicerie représentant des grands groupes en franchise, à condition que l'adhésion de ces derniers n'aient pas fait l'objet de demandes spécifiques de la part de personnes âgée ou en difficulté pour se déplacer. L'analyse pourrait se faire au cas par cas.
Cependant, j'ai des doutes quant à mon succès par rapport à cette proposition. En effet, il se pourrait que le projet Canut y perde son principal vocation qui est de créer du lien (ou plutôt des liens) autour de l'économique.
Cependant quelqu'un fait remarquer que les conventions se résignent tous les ans. On peut imaginer une avancée progressive vers une sélection de plus en plus éthique (correspondant à un certain niveau de valeur ajoutée positive) (on ne parlera pas de normes ici car il ne s'agit pas d'inventer de nouvelle normes mais bien de tendre de manière inulectable vers une société sans pollution et sans atteinte aux droits de l'homme).

Ainsi, l'idée des "inventaires" réalisés dans les épiceries du quartier de ceux qui le veulent, pour sélectionner les produits auxquels se prête le Canut pourraient se faire dès la deuxième ou troisième année et devenir de plus en plus sélectifs au fur et à mesure que le temps passe. 

Cela constitue également un bon support d'apprentissage et de pratique pour de étudiants en commerce ou en agroalimentaire (lycée agricoles, écoles de commerce, formations en développement local).


-Charte trop dirigiste. Oui mais ? N'est ce pas le moment de poser des règles très précises quant à la tenue de notre ligne de conduite économique (production-échange). Le quartier comme nous l'avons dit tout à l'heure s'y prête.
Il n'empêche que ces remarque sont intéressantes car elles posent le principe de la hiérarchie entre deux motivations importantes de tout projet monnaies complémentaires :
-Le lien social et humain.
-L'éthique économique.
Il faut savoir concilier les deux.

D'autre tensions entre de objectifs différents sont repérables :
Ainsi du lien entre profit et éthique du projet.
Bien entendu on ne peut pas s'attendre à ce que les commerçants du quartier s'investissent dans le projet sans perspective d'intérêt économique. D'où l'idée de la plate forme internet qui intégrerait à la fois toute les propositions présentes dans le quarter en matière de nouvelles alternatives économiques (les Amap,  les initiatives de la Maison de l'Ecologie). Ainsi que la charte Canut et la présentation de tous les prestataires avec leurs offres promotionnelles pour les participants au Canut.


Première phase du projet : 
Voici en récapitulatif ce qu'il faut faire dans l'ordre :
-Une réunion info tous les quinze jours.
-Prospection auprès des commerçants qui souvent ne peuvent pas se déplacer.
-Avertir les associations dont l'association des commerçants.
-Etre présents au conseils de quartiers, aux réunions sellistes.
-Organiser l'assemblée générale avec création de l'association type loi 1901, définir les membres des trois collèges (membres de projet Canut, prestataire-commerçants-uagers du Canut, monnaie locale).
-Commencer à élaborer notre Charte après discussions.


La réunion des sellistes se tient tous les dernier samedi du mois à la salle de la ficelle.